mai 5th, 2011 Posted in Mai 2011 | Commentaires fermés
Kalu Rimpoché a procédé le 23 avril 2011 à la réorganisation du centre Kagyu-Ling, en Bourgogne, qui est maintenant son lieu de résidence. Sanctionnant "l’inconduite de certains lamas", il a nommé une nouvelle Congrégation chargée de conduire les réformes. Quelques jours auparavant, il écrivait : "Je suis fatigué du business du Dharma." Il dénonçait notamment les activités "touristiques".
Quelle sera alors l'issue de l'affaire concernant le "pavillon bouthanais" ? : les membres du groupe congédié, se faisant abusivement passer pour les fondateurs du Centre (considérant qu'il était simplement "rattaché" au bouddhisme tibétain), en rêvaient depuis dix ans comme d'une confortable rente touristique... Un projet estimé à 700.000 € qui suppose un fort endettement.
L'Association Himalaya en Bourgogne ne cachait pas son objectif mercantile en tirant avantage du rayonnement du Centre de Retraites - Selon la Lettre d'informations économiques Traces Ecrites : "L'association en assurera l'exploitation à des fins touristiques, profitant de la proximité du temple des 1000 bouddhas qui a accueilli 8000 visiteurs en 2010."
"L'association a pour ambition d'exploiter cette vitrine du Bhoutan en Europe par une ouverture au public en l'intégrant dans les circuits des sites touristiques régionaux." - Source
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30 mars 2011 - Il y a 10 ans, la Saône-et-Loire achetait un fascinant pavillon bhoutanais. En 2011, l'édifice attend toujours d'être remonté. Un réalisateur vient de s'emparer de cette curieuse histoire.
L'histoire de 10 ans de patience
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L'incroyable histoire du pavillon bhoutanais endormi depuis 10 ans dans un hangar du Mâconnais a inspiré un journaliste. Jacques-Alain Raynaud a décidé d'en faire un documentaire.
Le film sera diffusé sur France 3 Bourgogne et national, mais aussi sur Public Sénat. Seul les bhoutanais ayant construit le temple sont aujourd'hui capables de le remonter.
Le film aurait pu s'appeler Le bel endormi, mais son réalisateur, Jacques-Alain Raynaud a choisi l'optimisme. Son '52 minutes' déjà vendu à France 3 et à Public Sénat a finalement été baptisé Le bonheur en suspens.
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Ce n'est pas par hasard que Jacques-Alain Raynaud a posé ses caméras dans le Morvan, le documentariste est un grand spécialiste du Bhoutan, il était le tout premier à ramener un film de cette nation-confetti coincée entre l'Inde et la Chine et ne compte plus les voyages dans le pays qui a inventé le concept de "Bonheur National Brut" (BNB).
Pour évoquer les changements récents de ce pays (une route qui l'ouvre au monde, un roi qui installe lui-même la démocratie, l'arrivée de la télévision et d'Internet..) le réalisateur a choisi de faire le parallèle avec une drôle d'histoire dénichée en Saône-et-Loire, celle du "Bel endormi" : le fameux pavillon bhoutanais, fierté du peuple himalayen, stocké depuis 10 ans dans 16 conteneurs au fond d'un garde-meuble près de Mâcon..
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La réalisation du film de Jacques-Alain Raynaud "Le bonheur en suspens" mobilise une équipe d'une dizaine de techniciens, de France 3 Bourgogne et de sa société de production. Le tournage devrait être finalisé dans le courant du mois de juin. Photo DR
Du pain béni pour un documentaire : "Il y a tout ! Un mic-mac politique, de l'absurde et des beaux paysages", se réjouit Jacques Alain Raynaud.
René Beaumont préféré à Richard Gere
L'histoire commence à l'Exposition universelle d'Hanovre en 2000. Le monde entier vient alors admirer le pavillon de pierre et de bois, érigé sans même un clou par les artisans bhoutanais. L'édifice est même élu "plus beau pavillon" de l'exposition. Plusieurs acquéreurs potentiels se font vite connaître, dont l'acteur américain Richard Gere. Mais le bâtiment sera finalement vendu au Conseil général de Saône-et-Loire présidé à l'époque par René Beaumont !
L'argument qui a fait pencher la balance en faveur du département, c'est la présence sur son sol du plus grand temple bouddhiste d'Europe, fondé par les lamas bhoutanais : les Mille Bouddhas à La Boulaye. Le pavillon était attendu comme un nouvel espace culturel et touristique, mais depuis 10 ans, le bâtiment, entièrement démonté, n'a plus jamais quitté son garde-meuble près de Mâcon. Une histoire tragi-comique que s'applique à raconter le réalisateur en filmant tous ceux qui ont suivi cette affaire compliquée et ses nombreux rebondissements.
Un pont entre l'Europe et l'Asie
"Au Bhoutan, on connaît mieux La Boulaye que la Tour Eiffel", assure Jacques-Alain Raynaud.
Le bonheur en suspens promènera donc le téléspectateur entre l'Himalaya, le Morvan et un hangar en bord de Saône. À l'automne prochain, les travaux de construction devraient enfin débuter à la Boulaye (lire ci-contre). L'affaire est suivie de très près au Bhoutan. Le futur espace adossé au Mille Bouddhas est attendu comme un pont entre l'Europe et l'Asie. "Leur culture, leur architecture, c'est leur fierté, leur identité."
Le réalisateur en est convaincu, quand, enfin, le pavillon sera debout, le roi du Bhoutan et son premier ministre feront le déplacement en Saône-et-Loire. J.-A. Raynaud n'a désormais qu'une hâte : pouvoir tourner un deuxième film sur la construction et l'inauguration de cette merveille de l'Himalaya ressuscité au coeur de Morvan. - B.Montaggioni - Source
Trois des quatre bouthanais concernés par le projet seront jugés pour une autre affaire (abus de faiblesse et abus d'ignorance) le 16 mai à Châlons-sur-Saône. Voir l'article du Journal de Saône & Loire : "Sur le Banc des Accusés"